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Économie & Consommation // Tech & Numérique

Stockage hydrogène BMW & la révolution du Hydrogen Flat Storage

BMW a résolu un problème industriel majeur avec son nouveau système de stockage Hydrogen Flat Storage

H Haeresis · 10 juin 2026 · 7 min

BMW ne cherche pas seulement à relancer l’hydrogène : le constructeur tente surtout de rendre cette technologie fabriquable comme une motorisation ordinaire. Avec son nouveau système de stockage hydrogène BMW baptisé Hydrogen Flat Storage, l’iX5 Hydrogen de série pourra être produit sur la même ligne que les versions essence, diesel, hybride rechargeable et entièrement électrique, sans refonte lourde de l’usine.

Pourquoi BMW maintient le cap sur l’hydrogène

Malgré la domination actuelle des véhicules électriques à batterie (BEV), BMW maintient l’hydrogène comme une technologie parallèle, particulièrement pour les véhicules plus grands et les applications à plus longue portée. Le constructeur allemand considère les véhicules à pile à combustible (FCEV) comme complémentaires aux BEV, dans une logique de neutralité technologique : chaque motorisation répond à des besoins différents selon les infrastructures régionales et la demande des clients.

Cette approche s’inscrit dans une stratégie plus large : BMW prépare la nouvelle génération du X5 pour offrir cinq types de motorisation sur un seul modèle – électrique à batterie, hybride rechargeable, essence, diesel et pile à combustible à hydrogène – une première chez le constructeur bavarois.

Le défi historique des réservoirs à hydrogène

L’un des plus grands obstacles aux véhicules à hydrogène a été le conditionnement des réservoirs sans sacrifier l’espace intérieur ou nécessiter des lignes de production complètement séparées. Les versions précédentes, comme la flotte pilote de l’iX5 Hydrogen lancée en 2023, utilisaient deux réservoirs cylindriques de 700 bar pour 6 kg d’hydrogène, ce qui limitait l’autonomie à environ 504 km WLTP et compliquait l’intégration véhicule.

Ce compromis entre autonomie, volume, sécurité et coût d’intégration a longtemps freiné l’industrialisation à grande échelle des FCEV. BMW a donc dû repenser l’architecture de stockage hydrogène pour résoudre ce problème fondamental.

La révolution du stockage hydrogène BMW : le Hydrogen Flat Storage

BMW a présenté un système baptisé Hydrogen Flat Storage, composé de sept réservoirs plats en fibre de carbone (CFRP, Type 4) fonctionnant à 700 bar, logés dans un boîtier métallique plat. La capacité totale atteint 7 kg d’hydrogène, contre 6 kg sur le modèle actuel, ce qui porte l’autonomie estimée à environ 750 km (385 miles).

Ce boîtier plat partage les mêmes dimensions que la batterie haute tension Gen6 prévue pour la version électrique, révolutionnant l’intégration industrielle.

Le remplissage reste rapide : moins de cinq minutes selon BMW, contre 3 à 4 minutes pour la flotte pilote. La pile à combustible embarquée est une troisième génération codéveloppée avec Toyota, plus puissante et plus efficace que celle de l’actuel iX5 Hydrogen, avec une puissance combinée d’environ 396 ch (187 ch pour la pile + 295 ch pour le moteur électrique).

Les gains industriels décisifs

Le point clé est industriel : en logeant le système de stockage hydrogène BMW dans un format plat compatible avec une plateforme commune, le constructeur réduit la complexité d’assemblage et gagne en flexibilité de production selon la demande et les infrastructures régionales.

Une seule ligne de production pour cinq motorisations différentes

Ce design plat s’intègre dans le même espace que le pack de batteries haute tension utilisé dans l’iX5 électrique. Ceci permet à BMW de construire l’iX5 à hydrogène sur la même ligne de production que les versions essence, diesel, hybride rechargeable et entièrement électrique, sans modifications majeures de l’usine ou de l’architecture du véhicule.

La production en série de l’iX5 Hydrogen débutera en 2028 à l’usine BMW Group de Steyr en Autriche, avec des composants provenant de Landshut en Allemagne.

Le partenariat stratégique avec Toyota

BMW et Toyota ont confirmé leur collaboration pour développer une nouvelle génération de groupe motopropulseur à hydrogène en vue d’un lancement de série en 2028. Les deux constructeurs collaborent depuis des années sur la technologie hydrogène, et Toyota fournit les cellules de pile à combustible, tandis que BMW réalise l’intégration système.

Pour la première fois chez BMW, le constructeur fabriquera lui-même son contrôleur d’énergie (Energy Master) en interne, à l’usine Landshut, avec une pré-série de l’iX5 Hydrogen Energy Master qui commence dès 2026.

L’hydrogène face aux BEV dominants

Alors que les véhicules électriques à batterie dominent actuellement, BMW continue de développer l’hydrogène en tant que technologie parallèle, particulièrement pour les véhicules plus grands et les applications à plus longue portée. Pouvoir construire à la fois des BEV et des FCEV sur la même ligne est une étape d’ingénierie pragmatique qui pourrait rendre les véhicules à hydrogène plus viables commercialement à l’avenir si les infrastructures de ravitaillement rattrapent leur retard.

Cette approche modulaire de « stockage plat » rend les groupes propulseurs à hydrogène beaucoup plus pratiques à fabriquer à grande échelle et donne à BMW la flexibilité de produire plusieurs groupes propulseurs sur une même plateforme en fonction de la demande et des infrastructures régionales.

Les freins qui persistent : infrastructure, coût, maturité

Malgré ces avancées industrielles, des freins majeurs restent à lever :

Infrastructures de ravitaillement : l’Europe vise un maillage de stations 700 bars tous les 150 km d’ici à 2027, mais BMW travaille avec des partenaires pour atteindre 100 km. Le iX5 à hydrogène ne sera commercialisé que sur les marchés dotés d’infrastructures suffisantes.

Coût des composants : les détendeurs de gaz, pièces indispensables pour l’hydrogène, coûtent encore 1 500 € pièce (3 000 € par véhicule), et BMW vise une réduction au tiers de ce coût.

Maturité du marché : le iX5 Hydrogen ne sera accessible que là où l’infrastructure suit, ce qui limite la commercialisation à certains marchés prioritaires.

Un tournant industriel pour l’hydrogène automobile

BMW ne vend pas seulement une voiture à hydrogène ; il essaie de rendre la chaîne de production hydrogène industrialisable à grande échelle. Le vrai sujet n’est pas seulement « BMW croit encore à l’hydrogène », mais plutôt « BMW a résolu un problème industriel ».

En passant de deux gros réservoirs séparés à sept réservoirs plats intégrés dans le volume normalement réservé au pack haute tension, le constructeur bavarois a changé la donne en fabrication et en intégration véhicule. Cette avancée technique et industrielle pourrait bien être le point de départ d’une nouvelle phase pour l’hydrogène dans l’automobile, à condition que les infrastructures de ravitaillement suivent.

Sources

 

Les liens ci-dessus ont servi de sources lors de la rédaction de cet article. Leur disponibilité dans le temps n’est pas garantie : si un lien figure ici, c’est qu’il existait et a contribué à notre travail au moment de la publication.

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